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La canonisation de Jean Eudes était le 31 mai 1925

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Le Père Blanche prêtre Eudiste, éducateur et vicaire apostolique

 Le père Blanche se préoccupe de l’avenir des eudistes au Canada. C’est dans cette optique qu’il accompagne le général de la congrégation durant son premier voyage en Amérique au printemps de 1893. Ensemble, ils visitent les évêques de différents diocèses de la province de Québec et des Maritimes afin de vérifier les possibilités de fondation. Ces démarches vont aboutir en 1894 à la fondation du Holy Heart Seminary dans la ville de Halifax, qui sera inauguré à l’automne de 1895. L’autre étape importante sera de mettre pied au Nouveau-Brunswick. L’implantation de la congrégation dans cette province sera le résultat de nombreux pourparlers avec l’évêque du diocèse de Chatham, Mgr James Rogers*, et son clergé acadien entre les années 1895 et 1899. En septembre 1898, les eudistes recevront la direction du collège du Sacré-Cœur de Caraquet [V. Prosper Lebastard].

      L’incendie du collège Sainte-Anne dans la nuit du 15 au 16 janvier 1899 vient remettre en question l’œuvre du père Blanche. La situation financière de l’établissement est particulièrement difficile et, depuis sa fondation, le père Blanche a sans cesse été à la recherche de ressources financières. C’est ce besoin d’argent qui l’a amené en 1894 à adjoindre au collège une académie commerciale anglaise afin d’obtenir une subvention substantielle du gouvernement provincial. On lui reprochera beaucoup cette académie parce qu’elle compromet l’équilibre déjà fragile entre les éléments français et anglais à l’intérieur des programmes et de la clientèle. On lui reprochera aussi de trop sacrifier à la question d’argent, quitte à dénaturer la mission du collège Sainte-Anne. Il faut toutefois se rappeler que le père Blanche avait été délégué au Canada pour établir une fondation viable pouvant servir de refuge à la congrégation et non pour sauver les Acadiens de la baie St Mary’s.

      Dans ce contexte, l’incendie de 1899 suscite plusieurs questions sur la reconstruction à entreprendre et l’orientation à donner au collège. Le père Ernest Regnault est délégué par le conseil général de la congrégation à Paris afin d’analyser la situation. Dans le volumineux rapport qu’il rédige sur l’état de la maison, ce dernier se montre très sévère sur l’administration du père Blanche. Si les confrères du supérieur reconnaissent son caractère vertueux et dévoué, plusieurs lui reprochent son manque de souplesse et sa tendance à vouloir tout faire lui-même. Le rapport fait surtout ressortir les difficultés et même les échecs qu’il a connus dans sa tentative d’établir un programme de cours pertinent.

      En juillet 1899, le père Blanche est rappelé en Europe pour les besoins de l’administration générale. Au collège Saint-Jean de Versailles, il est préfet durant l’année scolaire de 1899–1900, puis supérieur jusqu’en 1902. Ces années correspondent à une autre phase troublée de l’histoire religieuse en France. Le gouvernement vient de passer une loi qui oblige les congrégations à obtenir une autorisation, sinon elles seront « dissoutes, leurs membres dispersés et leurs biens liquidés ». Le père Blanche et sa congrégation vont prendre une part active à la lutte contre ces mesures, mais l’exil des religieux devient imminent et il leur faut trouver d’autres refuges à l’étranger.

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